Ge Hong, alchimiste taoïste (283-343 ap. JC)
"Le mystère est l’ancêtre originel de la nature,
Le grand aïeul de toutes les diversités.
Ses profondeurs sont insondables :
On le nomme l’imperceptible.
Il s’étend à l’infini :
On l’appelle le merveilleux.
Il se lève plus haut que les neuf empyrées,
S'étend plus loin que les huit directions.
Plus lumineux que le soleil et la lune,
Plus rapide que l’éclair dans sa course
Tantôt il apparaît, éblouissant, puis s’évanouit comme une ombre,
Tantôt traverse le ciel, puis disparaît telle une étoile filante.
Ils se fond dans les profondeurs abyssale,
Flotte parmi les brumes et les nuages.
Il est quand il prend forme en toute chose.
Il n’est plus lorsqu’il sombre dans l’obscurité et l’oubli.
Il s’enfonce est plonge dans les ténèbres,
S’élève et dépasse les étoiles.
La pierre et le métal ne peuvent être comparés à sa force,
La rosée du matin ne peut égaler sa douceur.
Il est carré sans équerre, rond sans compas.
Nul ne le voit quand il s’en vient,
Nul ne le suit lorsqu’il s’en va.
Par lui le ciel est haut,
Par lui la Terre est basse.
Par lui les nuages voguent,
Par lui la pluie se répand.
Il porta l’Un Originel,
Donna forme aux Deux Principes,
Insuffla le grand commencement,
Forgea la multitude des espèces,
Mis les 28 constellations en mouvement,
Façonna les ténèbres primitives,
Attela la machine céleste,
Souffla les quatre saisons.
Enfermant le vide et le silence dans l’obscurité,
Il ouvrit grande les portes de la lumière et de la vie.
Il abaissa l’impureté, éleva la pureté,
Et fit couler les eaux du fleuve et de la Weï.
L’augmenter ne le fait pas déborder,
Le diminuer ne le désemplit pas.
Ce qui lui est donné ne le renforce pas,
Ce qui lui est pris ne l'affaiblit pas.
Ainsi, là où le mystère est présent,
La joie est inépuisable,
La où le mystère n’est plus,
Le corps dépérit et l’esprit meurt".
